MANIFESTE ET DÉNONCIATION: CONTRE L’APOLOGIE AU CRIME DE TORTURE AU BRÉSIL

img_1890En 1964, le Brésil fut frappé par un terrible Coup d’État, commandé par les militaires, avec l’appui d’une part considérable de la droite civile, cette dernière étant représenté par des grands entrepreneurs de l’industrie et les grands médias de masse.

La longue nuit où la très jeune démocratie brésilienne fut immergée par la force dans la dictature militaire a duré pendant vingt-et-une douloureuses années. Les blessures les plus profondes que nous portons jusqu’à présent dans notre corps collectif et dans les milliers d’esprits brisés se doivent à la pratique, institutionnellement reconnue, autorisée et encouragée sans restrictions par les généraux, de la torture, ainsi qu’à l’occultation des assassinats commis au sein des commissariats, des quartiers généraux et des propriétés privées cédées par les supporteurs du régime d’exception. Selon les dernières informations rendues publiques, une puissante machine de mort fut mise en œuvre, sans épargner, à titre d’exemple, des nouveau-nés ou des enfants.

La re-démocratisation du pays ne sera jamais totale sans que chaque famille puisse avoir accès à des informations officielles sur le destin des membres disparus de leurs familles, même si ceux-ci sont malheureusement morts. Notre re-démocratisation n’aura pas été accomplie tant que nous n’abolissons pas la « loi de l’amnistie » qui, à travers une fausse réconciliation entre les opposants, a protégé l’État et ses agents de toute responsabilité criminelle. Chaque organe international de défense des droits de l’homme s’est déjà manifesté contre ce privilège insensé. Les conséquences des méthodes brutales employées pendant la dictature civile-militaire sont également présentes dans le comportement violent de la part de la Police Militaire dans chacun des États Fédératifs de notre pays, notamment contre la population pauvre et noire. Nos morts n’ont pas cessé de mourir.

Le Colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra fut l’un des plus violents tortureurs du régime. Il a dirigé le DOI-CODI (Département d’Opérations d’Information – Centre d’Opérations de la Défense Interne), dont le siège se situait à São Paulo, entre 1970 et 1974. À peu près deux-milles prisonniers y sont passés pendant cette période, parmi lesquels l’actuelle présidente Dilma Rousseff.

Le dimanche 17 avril 2016, le député fédéral du parti d’extrême droite PSC (Parti Social-Chrétien) Jair Messias Bolsonaro, connu pour ses positions homophobes, misogynes, ainsi que pour son conservatisme religieux, a rendu hommage à la mémoire du Colonel Ustra, lorsqu’il déclarait son vote favorable à la destitution de Dilma Rousseff : « (…) en mémoire du Colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra, la terreur de Dilma Rousseff ; pour les forces armées de Caxias… ».

Nous entendons ce discours comme une attaque. Cette attaque ne se dirige pas seulement contre Dilma Rousseff, présidente légitimement élue et accusée sans avoir commis de crime particulier, mais fondamentalement contre toutes les garanties constitutionnelles, individuelles et collectives, sur lesquelles se fondent notre état démocratique de droit, ainsi que contre la déclaration des droits de l’homme et à la mémoire vilipendée des familles des victimes de la dictature au Brésil.

Nous dénonçons publiquement et véhémentement cet acte d’apologie au crime de torture réalisé en pleine Chambre des Députés.

Il nous semble évident que ces forces qui se sont jadis réunies pour mener le Coup d’État de 1964 sont prêtes nuire de nouveau à la démocratie brésilienne.

Coletivo Conexões em Luta (São Paulo) / MD18 –Movimento Democrático 18 de Março (Paris) / Coletivo Desbordar (San Francisco)

Anúncios

Deixe um comentário

Preencha os seus dados abaixo ou clique em um ícone para log in:

Logotipo do WordPress.com

Você está comentando utilizando sua conta WordPress.com. Sair / Alterar )

Imagem do Twitter

Você está comentando utilizando sua conta Twitter. Sair / Alterar )

Foto do Facebook

Você está comentando utilizando sua conta Facebook. Sair / Alterar )

Foto do Google+

Você está comentando utilizando sua conta Google+. Sair / Alterar )

Conectando a %s