MANIFESTE DU COLECTIF « CONNEXIONS EN LUTE » CONTRE LE COUP D’ÉTAT JURIDICO-MÉDIATIQUE ET POUR LA DÉMOCRATIE AU BRÉSIL

MANIFESTE DU COLECTIF « CONNEXIONS EN LUTE » CONTRE LE COUP D’ÉTAT JURIDICO-MÉDIATIQUE ET POUR LA DÉMOCRATIE AU BRÉSIL

Les temps sont sombres pour la démocratie brésilienne. Environ trente et deux ans après la transition de la dictature civile-militaire vers un État Démocratique le Brésil, actuellement, fait face à une turbulence politique qui met en péril la manutention de la démocratie. La non acceptation des résultats du dernier scrutin de la part des élites nationales mais, surtout, la voracité avec laquelle elle s’est mise en mouvement afin de prendre le contrôle politique absolu est en train d’affaiblir nos institutions qui se retrouvent maintenant cooptées autour des intérêts et de privilèges de ceux qui détiennent le pouvoir économique.

La dénonciation ici exprimée ne se fait pas, cependant, en défense du parti qu’aujourd’hui est à la tête du gouvernement. Nous comprenons, en dépit des incontestables actions dirigées au combat contre les inégalités sociales fortement présentes au Brésil depuis sa période coloniale, que le chemin parcouru par ce gouvernement a, également, produit plusieurs marches en arrière dans les contextes politique et social.

Néanmoins, l’actuelle conjoncture exige une réflexion plus large. Il ne s’agit pas, à ce moment, d’une analyse du programme politique qui a été mis en œuvre par le gouvernement, mais plutôt de l’incontournable nécessité de protéger l’État Démocratique de Droit lui-même et le fonctionnement intégral des institutions dont il se compose. Il s’agit d’une défense de nos garanties fondamentales et de nos libertés individuelles conquises avec le sang, le courage et la souffrance des femmes et des hommes qu’ont résisté tout au long des vingt-et-un ans de répression militaire, en ayant toujours en face le rêve de conquérir la démocratie.

En vue de la gravité de cette situation nous soulignons aussi le contexte historique de l’Amérique Latine par rapport aux pratiques putschistes des secteurs de la droite tournés vers la tentative de subversion des gouvernements légitimes. Comme nous le savons tous, ce n’est pas seulement le Brésil que submergea au despotisme des régimes autocratiques, mais c’est toute l’Amérique du Sud qui fut livrée aux intérêts impérialistes des centres capitalistes du Nord qu’ont articulé et financé des coups d’états afin d’empêcher les progrès du combat aux inégalités.

Ce combat que désormais nous menons c’est le même dans lequel, historiquement, tout le peuple de l’Amérique Latine s’est impliqué en cherchant à surpasser l’exploitation capitaliste et l’objectification de notre société au profit des privilèges des élites économiques qui n’acceptent pas l’autonomie que nous essayons toujours d’ériger dès que nous avons mis fin aux autocraties.

C’est la raison par laquelle le minimum de sens communautaire nous meut en direction du refus des pratiques putschistes de la part des grands groupes médiatiques et de certaines organisations politiques qu’à cet exact moment cherchent à légitimer un mal-fondé procès d’empêchement (impeachment) de la Présidente Dilma Roussef, même que ses décisions n’aient jamais été encadrées par les hypothèses prévues par la « Loi d’Impeachment » en tant que crimes de responsabilité. Dilma Roussef n’est, non plus, enquêtée ou accusée par aucun procès judiciaire, ce que n’est pas le cas de la majorité des membres de la commission qu’ira juger l’empêchement de la Présidente au Congrès National.

On remarque, notamment, que les médias brésiliens, historiquement concentrés par des oligopoles familiaux de communication de l’élite économique, en ayant comme son plus haut représentant la Rede Globo qui appartient à la famille Marinho – qu’était aux cotés du régime militaire – , conduit aujourd’hui un attaque contre la stabilité politique du pays motivé par des intérêts sournois de la part de secteurs de la société désirants, à n’importe quel prix, d’éloigner du pouvoir le Parti des Travailleurs (PT).

Pour autant ils s’en servent d’une flagrante manipulation d’informations avec un poids national énorme, en pilotant l’opinion publique en direction au consensus que les soit le plus favorable. Il s’agit de reportages marqués par un discours tendancieux et sans aucun compromis avec la fonction première de la presse d’informer la population. Cela prend corps d’une part à travers la surexploitation et la surexposition de manifestations favorables à la destitution de la présidence de la république, et d’autre part à travers le sous-dimensionnement des actions en défense de l’ordre démocratique.

De tels procédures, alors, ont gagné un contour encore plus grave dans les dernières semaines quand le juge fédéral d’instruction de Curitiba (au Paraná), Sérgio Moro, a décidé de lever le secret de justice sur certains des documents qui font partie de l’enquête contre l’ex-président Luís Inácio Lula da Silva, en particulier sur des écoutes téléphoniques.

De cette manière, des appels privés passés entre Lula et des Ministres d’État, Sénateurs, avocats et même entre lui et la Présidente de la République ont été rendues publiques librement en ouvrant l’espace à un jugement social, populaire, anticipé et entièrement contraire à une conduction impartiale du procès aussi bien que à la protection de la vie privée.

Il nous semble important d’ajouter qu’au-delà l’illégalité évidente de la publication de ces appels privés il soit envisageable que des écoutes telephoniques touchant la chef de l’État dans un pays organisé juridiquement par une Constitution Fédérale puissent être balancé par une chaîne de télé au niveau national sans que la Présidente soit, elle-même, enquêtée et sans une détermination préalable de la Court Suprême. Il y a, pourtant, une attaque directe à la Présidence de la République, une institution inestimable à l’harmonie démocratique actuelle au Brésil.

La publication des écoutes s’est produite dans le même jour où la Présidente avait annoncé l’indication de l’ex-président Lula pour le Ministère « da Casa Civil », une décision qu’a déclenché une convulsion politique et sociale immédiate en ayant de conséquences sérieuses pour le fonctionnement du pays. Parmi les coups de théâtre des secteurs de l’opposition en réponse à l’indication de Lula il attire l’attention la décision d’un autre juge fédéral, cette fois-ci du Distrito Federal (Brasilia), Itagiba Catta Preta Neto, mettant en suspension l’entrée en fonction de Lula au Ministère.

De telles attitudes arbitraires ne furent pas prises en considération par la Court Suprême et caractérisent simplement le coup juridico-médiatique en cours au Brésil.

Il n’y a pas de doutes que la stabilité démocratique au Brésil, il y a si peu conquise, est encore une fois menacé par une conjoncture putschiste articulée par ces secteurs des médias et le pouvoir judiciaire. Nous nous manifestons, alors, parce que nous comprenons que la démocratie rêvée par les générations de résistants du passé doit être préservée avec le courage pour désamorcer toutes les tentatives de promouvoir le massacre du vrai pouvoir donné au peuple.

En vue du contexte actuel et en prenant conscience de la situation de prédation existante à l’intérieur des rapports entre les secteurs publique et privé au Brésil, nous sommes d’accord pour affirmer que toutes les formes d’usurpation de l’intérêt publique doivent être combattues. Cependant, un tel exercice ne doit pas se faire par défaut des limites prévus dans notre Constitution ni en avoir de exigences non assertives et que ne considèrent pas la relation complexe entre les pouvoirs institués et les entreprises privées, encore moins que ne reconnaissent pas non plus la profonde inégalité sociale et économique existante dans le contexte brésilien.

Toutes ces questions ne sont pas restreintes par la conjoncture nationale et doivent être pensées d’une façon plus ample, principalement en ce que concerne la région de l’Amérique Latine puisque l’inégalité, l’exploitation et la prédation sont une marque historique commune.

Nous cherchons une réflexion à gauche. Une réflexion ancrée dans les principes de justice sociale, basée sur l’équité et avec de propositions qui puissent mettre un fin aux problèmes structuraux et systémiques responsables par le scénario corruptif qui concentre entre les mains d’un petit groupe le pouvoir qu’appartient à tous.

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